Bas-Saint-Laurent : marais salés, villages colorés, phares et baleines sur la rive sud du fleuve Saint-Laurent — la région la plus sous-estimée du Québec.

Bas-Saint-Laurent : la route panoramique méconnue du Québec

Bas-Saint-Laurent : marais salés, villages colorés, phares et baleines sur la rive sud du fleuve Saint-Laurent — la région la plus sous-estimée du Québec.

Quick facts

Situé dans
Rive sud du fleuve Saint-Laurent, Québec
Meilleure période
Juin à octobre
Comment s'y rendre
Autoroute 20 ou route 132 depuis Québec (1 h 30 à 2 h 30)
Jours nécessaires
3 à 5 jours

Entre Québec et la Gaspésie se trouve une région que la plupart des voyageurs traversent sans s’arrêter — et qu’ils regrettent de n’avoir pas davantage explorée. Le Bas-Saint-Laurent est la portion du Québec où le fleuve Saint-Laurent amorce sa transformation en mer : l’eau s’élargit, les marées s’amplifient, et la rive sud recule jusqu’à n’apparaître, par temps clair, que comme un mince trait sombre à l’horizon. La lumière sur cette côte — particulièrement lors des longues soirées d’été, quand le soleil caresse les vasières et les herbes des marais — est remarquable, et la région attire photographes, peintres et écrivains depuis plus d’un siècle.

La région s’étend de Rivière-du-Loup à l’est (porte d’entrée conventionnelle) jusqu’à Saint-Jean-Port-Joli à l’ouest (où la tradition de la sculpture sur bois rencontre le fleuve Saint-Laurent), couvrant une bande côtière où les marais salés alternent avec des caps spectaculaires, où des villages aux maisons de bois colorées font face au fleuve, et où le marnage — pouvant atteindre cinq mètres à certains endroits — découvre à marée basse de vastes platières qui accueillent des concentrations remarquables d’oiseaux de rivage en migration. Kamouraska, Rimouski et Rivière-du-Loup sont les principales villes; le parc national du Bic constitue le joyau naturel de la région.

Le fleuve Saint-Laurent ici : marées, baleines et lumière

Au moment où le fleuve Saint-Laurent traverse le Bas-Saint-Laurent, il est déjà quelque chose entre un fleuve et une mer — il est soumis aux marées, il est salé, et il abrite des baleines. L’estuaire proprement dit commence autour de l’Île aux Coudres en Charlevoix, mais le corridor du bas fleuve présente déjà les marées caractéristiques et la salinité qui en font un habitat marin productif.

Des petits rorquals se nourrissent dans les eaux de l’estuaire visibles depuis la rive tout au long de l’été. Depuis Rivière-du-Loup, la traversée en traversier vers Saint-Siméon, sur la rive nord en Charlevoix, est la seule liaison régulière aux passagers dans ce secteur du fleuve Saint-Laurent, et les observations de baleines pendant la traversée sont fréquentes en juillet et août. La traversée elle-même — environ 65 minutes — est l’une des meilleures façons de saisir l’échelle du fleuve : l’eau s’étend sur plus de 20 km jusqu’à la rive opposée, et la profondeur dans le chenal de navigation dépasse 300 mètres.

Les vasières de Kamouraska et de la rive sud entre Kamouraska et L’Islet constituent un habitat de migration internationale pour les oiseaux de rivage. Fin juillet et en août, des dizaines de milliers de bécasseaux, de douillets, de chevaliers et d’autres limicoles s’y arrêtent pour se nourrir des invertébrés découverts à marée basse — l’un des grands spectacles migratoires de l’est de l’Amérique du Nord pour ceux qui savent où chercher. L’observation à marée basse à Kamouraska, avec en arrière-plan les maisons de bois peintes du village et les montagnes de Charlevoix visibles par temps clair sur l’autre rive, est l’un des sites d’ornithologie les plus beaux et les moins fréquentés du Québec.

Kamouraska : marais salés et villages peints

Kamouraska est sans doute le plus beau village du Bas-Saint-Laurent — une communauté historique de maisons de bois colorées face au fleuve Saint-Laurent, bordée de marais salés, adossée à de douces collines, et riche d’un patrimoine qui comprend l’un des scandales criminels les plus célèbres du XIXe siècle québécois (l’affaire Kamouraska, immortalisée ensuite dans le roman d’Anne Hébert). L’architecture du village est intacte — toitures à forte pente, volets de bois colorés, galeries tournées vers le fleuve — et la combinaison avec les marais salés et la lumière du fleuve en fait l’une des communautés les plus photographiées de la région.

Le Musée de Kamouraska occupe un ancien couvent et retrace l’histoire agricole, maritime et culturelle de la communauté. Les sentiers des marais salés accessibles depuis le village permettent d’observer de près l’écologie côtière et les oiseaux des milieux humides.

Le parc national du Bic : joyau côtier du Québec

Le parc national du Bic, à l’ouest de Rimouski, est l’attraction naturelle phare de la région — un parc de caps dramatiques où des îles rocheuses boisées, des grottes marines et des mares à marée rencontrent l’estuaire ouvert. La topographie distinctive du parc (résultat de failles géologiques complexes qui ont créé une série de promontoires rocheux s’avançant dans le fleuve Saint-Laurent) produit un paysage côtier unique au Québec.

Des phoques communs se reposent sur les îles rocheuses du parc tout au long de l’été — le parc offre l’une des meilleures occasions d’observer des phoques au Québec sans nécessiter d’embarcation. Les sentiers de randonnée mènent à des points de vue en surplomb directement au-dessus des zones d’échouage, et par beau matin, 50 à 100 phoques sont régulièrement visibles depuis les postes d’observation désignés.

Le réseau de sentiers du parc couvre environ 100 km, des promenades côtières faciles à la longue traversée de la pleine longueur de la péninsule. Le kayak de mer à l’intérieur du parc — pour explorer les chenaux de marée entre les îles rocheuses — est l’une des expériences de kayak de mer les plus spectaculaires et les plus accessibles de la région du fleuve Saint-Laurent.

Rimouski : le centre urbain

Rimouski est la plus grande ville du Bas-Saint-Laurent (environ 50 000 habitants) et le centre de services de la région. Ce n’est pas une destination touristique classique, mais elle présente plusieurs attraits spécifiques à connaître.

Le sous-marin ONONDAGA : Un sous-marin des Forces canadiennes désaffecté, le NCSM Onondaga, est amarré en permanence au site maritime de Pointe-au-Père, aux abords de Rimouski. Les visiteurs peuvent en visiter l’intérieur — un espace remarquablement exigu qui rend immédiatement tangible la réalité du service en sous-marin. Le phare adjacent de Pointe-au-Père est un lieu historique national.

Le Musée régional de Rimouski : Un musée d’art installé dans une ancienne église des Jésuites, avec des expositions tournantes d’art contemporain et historique; l’une des meilleures institutions d’art régionales dans l’est du Québec.

L’épave de l’Empress of Ireland : Au large des côtes près de Rimouski, le paquebot Empress of Ireland a coulé en 1914 avec la perte de 1 012 vies — l’une des plus grandes catastrophes maritimes de l’histoire du Canada. Le site d’interprétation maritime de Pointe-au-Père raconte le drame, les survivants et l’épave, aujourd’hui site de plongée de référence pour plongeurs techniques qualifiés, gisant à plus de 40 mètres de profondeur.

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Rivière-du-Loup : la porte d’entrée est

Rivière-du-Loup se trouve au carrefour de plusieurs axes importants : la Transcanadienne (autoroute 20), la route vers la Gaspésie à l’est, le traversier vers Charlevoix, et la route nord vers Cabano et les lacs Témiscouata. Elle fait office de porte d’entrée est du Bas-Saint-Laurent pour les voyageurs se dirigeant vers la Gaspésie ou en revenant.

La ville possède un centre historique agréable avec une vue sur le fleuve Saint-Laurent, et des excursions en bateau pour l’observation des baleines partent de son quai en été. L’activité d’observation des baleines à Rivière-du-Loup est moins connue que celle de Tadoussac, mais peut être excellente — l’estuaire productif du fleuve Saint-Laurent s’étend jusqu’ici et les petits rorquals sont fréquemment aperçus lors des sorties depuis le quai.

Le traversier de Rivière-du-Loup (vers Saint-Siméon, en Charlevoix) est en service de fin avril à décembre et constitue la principale liaison entre la rive sud et Charlevoix.

La route du Patrimoine et Saint-Jean-Port-Joli

À l’ouest de Kamouraska, la route du Patrimoine longe le rivage en passant par Saint-Jean-Port-Joli, un village connu dans tout le Québec pour sa tradition de sculpture sur bois. Des artisans locaux produisent ici des sculptures de bois peint depuis le milieu du XXe siècle — figurines, animaux et objets décoratifs devenus synonymes d’art populaire québécois. Le Musée des Anciens Canadiens documente cette tradition et présente des œuvres anciennes et contemporaines.

Quand visiter le Bas-Saint-Laurent

Juin à septembre : La haute saison. Tous les parcs et centres d’interprétation sont ouverts. Les excursions d’observation des baleines fonctionnent de juin au début octobre. L’observation des oiseaux de rivage dans les marais salés atteint son apogée fin juillet et en août (migration postnuptiale).

Octobre : Les couleurs d’automne le long du corridor du fleuve Saint-Laurent, particulièrement dans les collines de Kamouraska et les forêts autour du parc du Bic, sont magnifiques. Moins de monde et hébergements plus facilement disponibles partout.

Hiver : La région est calme mais active pour le ski de fond et la raquette — le parc du Bic maintient des sentiers hivernaux. Les vasières gelées offrent des possibilités de photographie de paysage insolites.

Où dormir

Kamouraska : Plusieurs gîtes et auberges de qualité dans et autour du village; la Maison de l’Anse à Kamouraska est réputée. Le village se remplit en haute saison — réservez à l’avance.

Parc du Bic : Le parc possède un terrain de camping (réservation auprès de la Sépaq requise). Le village du Bic, juste aux abords du parc, propose des hébergements dont la bien connue Auberge du Mange Grenouille.

Rimouski : Le plus grand choix d’hôtels de la région, avec des hôtels d’affaires, des propriétés boutique et des chaînes. Les meilleurs hôtels avec vue sont ceux orientés vers le fleuve Saint-Laurent.

Rivière-du-Loup : Une étape pratique avec un choix d’hôtels raisonnable, idéale pour ceux qui font la route entre Québec et la Gaspésie.

Comment se rendre au Bas-Saint-Laurent

Depuis Québec : L’autoroute 20 est vers Rivière-du-Loup est le trajet rapide (2 h 30). La route 132 le long de la rive sud du fleuve Saint-Laurent est l’itinéraire panoramique et l’approche recommandée pour ceux qui souhaitent découvrir l’ensemble de la région.

Via Rail : Le train Ocean Montréal–Halifax et le service Chaleur Montréal–Gaspé traversent tous deux la région. Rivière-du-Loup, Rimouski et plusieurs petites communautés disposent d’arrêts ferroviaires.

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Questions fréquentes sur le Bas-Saint-Laurent

À quelle distance le Bas-Saint-Laurent se trouve-t-il de Québec ? Kamouraska (le village le plus pittoresque) est à environ 120 km de Québec, soit environ 1 h 30 par l’autoroute 20 ou 2 heures par la route panoramique 132. La région commence très près de Québec par rapport à ce qu’elle offre.

Peut-on voir des baleines depuis le Bas-Saint-Laurent ? Oui, notamment depuis Rivière-du-Loup (excursions en bateau disponibles) et depuis le traversier vers Charlevoix. Les petits rorquals sont les plus fréquemment observés; l’estuaire du fleuve Saint-Laurent commence dans cette région. Tadoussac (plus au nord, accessible par traversier depuis Rivière-du-Loup vers Charlevoix puis vers l’est) demeure la destination d’observation des baleines par excellence.

Le Bas-Saint-Laurent est-il une bonne base pour la Gaspésie ? C’est la dernière grande région habitée avant le début de la péninsule gaspésienne. Rivière-du-Loup ou Rimouski constituent de bonnes étapes pour ceux qui font la route Québec–Percé. Mais le Bas-Saint-Laurent mérite plus qu’une seule nuit; la région se révèle pleinement avec 3 à 5 jours.

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