La Gaspésie récompense le détour avec le rocher Percé, le parc national Forillon, les orignaux des hautes terres et des paysages côtiers spectaculaires.

Gaspésie

La Gaspésie récompense le détour avec le rocher Percé, le parc national Forillon, les orignaux des hautes terres et des paysages côtiers spectaculaires.

Quick facts

Population
93 000 (région)
Meilleure période
Juillet–septembre
Langues
Français (langue principale)
Jours nécessaires
5 à 7 jours

La péninsule gaspésienne s’avance dans le golfe du Saint-Laurent à l’est de Québec comme un poing fermé : sa rive sud fait face à la baie des Chaleurs et au Nouveau-Brunswick, sa rive nord longe le fleuve Saint-Laurent, et son extrémité est marquée par le rocher Percé — l’une des formations géologiques les plus spectaculaires de l’est de l’Amérique du Nord. Le circuit autour de la péninsule — environ 800 kilomètres de route côtière, avec les monts Chic-Chocs qui s’élèvent dans les terres — est l’un des grands voyages en voiture canadiens.

Il faut du temps pour en apprécier toute la richesse. De Québec, Percé au bout de la péninsule représente 650 kilomètres de route. L’attrait de la Gaspésie exige un circuit plutôt qu’un simple aller-retour; longer la rive nord (via Sainte-Anne-des-Monts et le parc national de la Gaspésie dans les hautes terres) et revenir par la rive sud (ou l’inverse) offre le portrait le plus complet. La plupart des visiteurs consacrent 5 à 7 jours au circuit, et ceux qui le font regrettent rarement de ne pas en avoir eu plus.

La péninsule en un coup d’œil

L’expérience gaspésienne se décline en quatre zones distinctes :

La rive nord le long du fleuve Saint-Laurent, de Matane à Grande-Vallée, est faite de villages de pêcheurs, de falaises côtières et de baleines aperçues au large. Les monts Chic-Chocs se dressent de façon spectaculaire au-dessus du littoral plat, et le parc national de la Gaspésie — l’un des plus beaux parcs de nature sauvage du Québec — occupe le plateau des hautes terres centrales.

L’intérieur du parc national de la Gaspésie est le royaume des hardes de caribous (l’une des populations les plus méridionales de caribous des bois de l’est du Canada), des orignaux et des plus hauts sommets de la chaîne des Appalaches à l’est des Rocheuses. Le mont Jacques-Cartier, à 1 268 mètres, se dresse dans une toundra alpine au-dessus de la limite des arbres.

Percé et l’île Bonaventure à la pointe de la péninsule offrent le double spectacle du rocher Percé et de la colonie d’oiseaux marins de l’île Bonaventure — ensemble l’un des sites naturels les plus photographiés et les plus visités du Québec.

La rive sud le long de la baie des Chaleurs, de Percé vers Matapédia, est plus douce, moins dramatique, mais agrémentée de charmants villages de pêcheurs et du remarquable parc national de Miguasha, site du patrimoine mondial de l’UNESCO pour ses gisements fossilifères dévoniens.

Les incontournables de la Gaspésie

Le rocher Percé

Le rocher Percé mesure environ 500 mètres de long, 88 mètres de haut et est percé d’une arche naturelle de 30 mètres de hauteur — une arche en voie d’effondrement, dernier vestige des quatre arches qui ornaient jadis le rocher. À marée basse, il est possible de traverser le tombolo de sable qui relie le rocher au continent. À marée haute, ce même passage est recouvert d’un à deux mètres d’eau.

Le rocher change de couleur au fil de la journée selon l’angle de la lumière : blanc crème sous une lumière diffuse, ambré dans les rayons rasants, orange et rose au coucher du soleil. Il se photographie le plus avantageusement depuis les belvédères en surplomb du village, depuis les bateaux-excursions qui en font le tour, ou depuis le cap accessible par le sentier au-dessus du village de Percé.

Admirer le rocher Percé va de soi lors de toute visite en Gaspésie — impossible d’être à Percé sans le voir. Mais prendre le temps de l’observer à différentes heures du jour, sous différents éclairages et différentes météos, récompense la patience.

L’île Bonaventure et le parc national de l’Île-Bonaventure-et-du-Rocher-Percé

L’île Bonaventure, accessible en 15 minutes de traversée en bateau depuis Percé, abrite l’une des plus grandes colonies de fous de Bassan du monde : environ 110 000 oiseaux nichent sur les parois rocheuses de l’île d’avril à octobre. Le spectacle — et les sons et les odeurs — de 110 000 fous de Bassan en pleine activité de nidification est une expérience saisissante dans le bon sens du terme.

Des sentiers traversent l’île jusqu’à la colonie de fous de Bassan sur les falaises est. La marche de 4 kilomètres prend environ une heure et demie à un rythme tranquille. Les fous de Bassan nichent sur chaque surface disponible de la paroi rocheuse, et le sentier au sommet de la falaise vous amène à quelques mètres des nids les plus proches. Les comportements sociaux — les couples se livrant à leurs parades de toilettage mutuel, les jeunes testant leurs ailes au bord de la falaise, le tumulte constant de dizaines de milliers d’oiseaux en vol — constituent l’une des expériences fauniques les plus spectaculaires de l’est du Canada.

Les opérateurs de bateaux proposent aussi des tours de circumnavigation en remplacement ou en complément du débarquement : le rocher est visible depuis l’eau, et les fous de Bassan sont observés en train de plonger au large lors du retour.

Le parc national de la Gaspésie

Dans les monts Chic-Chocs au cœur de la péninsule, le parc national de la Gaspésie offre certaines des meilleures randonnées de l’est du Canada. Le réseau de sentiers du parc couvre la toundra alpine, la forêt boréale et des vallées fluviales où l’orignal est l’un des grands mammifères les plus souvent rencontrés au Québec.

Le mont Jacques-Cartier (1 268 m) est le plus haut sommet du parc et nécessite une randonnée d’une journée d’environ 8 kilomètres aller-retour. Les versants supérieurs sont de vraie toundra arctique-alpine — au-dessus de la limite des arbres dans une région où tout le reste du Québec est dominé par la forêt — et la vue depuis le sommet par temps clair s’étend jusqu’au fleuve Saint-Laurent et, dans des conditions exceptionnelles, jusqu’à l’Île-du-Prince-Édouard. Les caribous de la harde de la Gaspésie (moins de 100 individus, l’une des populations les plus vulnérables du Canada) sont parfois aperçus sur le plateau alpin.

Le mont Albert offre un caractère différent : un massif au sommet plat avec une géologie de roche serpentinite produisant une flore unique d’espèces arctiques-alpines, dont certaines ne se trouvent nulle part ailleurs au Québec. La traversée sur plusieurs jours des sommets du parc est possible avec des permis de camping en région sauvage.

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L’observation des baleines sur la rive nord

La rive nord de la Gaspésie, notamment autour de Sainte-Anne-des-Monts et de Forillon, accueille tout l’été des rorquals communs, des petits rorquals et des bélugas en alimentation. L’observation des baleines y est moins organisée de façon intensive qu’à Tadoussac (200 km à l’ouest), mais peut s’avérer excellente — les embarcations moins nombreuses et les eaux moins fréquentées donnent parfois lieu à de meilleurs rapprochements. Plusieurs opérateurs des villages de la rive nord proposent des sorties en Zodiac et en bateau plus grand.

Le parc national Forillon

À la pointe même de la péninsule, avant que la route n’atteigne Percé, le parc national Forillon protège les spectaculaires falaises et forêts de l’extrémité est de la péninsule. La signature du parc est constituée par les falaises du cap Bon-Ami — des parois rocheuses verticales plongeant 200 mètres dans le golfe, avec des mouettes tridactyles et des guillemots nichant sur les corniches en saison de reproduction.

Le Sentier International des Appalaches aboutit à Forillon à son terminus nord — ou, selon la direction, à son point de départ. De plus courtes randonnées à la journée dans le parc offrent des vues côtières, une activité d’oiseaux marins et le considérable patrimoine architectural des maisons restaurées des familles de pêcheurs à Grande-Grave, site historique national à l’intérieur des limites du parc.

Le parc national de Miguasha

Sur la rive sud de la baie des Chaleurs, les falaises de Miguasha renferment l’un des gisements fossilifères dévoniens les plus importants au monde — vieux de 380 millions d’années, préservant la transition entre la vie aquatique et terrestre dans un détail extraordinaire. Les poissons à nageoires charnues préservés ici représentent des ancêtres directs de tous les tétrapodes, y compris les humains. L’UNESCO a désigné le site comme site du patrimoine mondial.

Le centre d’interprétation gère le site paléontologique et propose des visites guidées de la falaise où des fossiles sont activement mis au jour. L’expérience est bien structurée pour les visiteurs non spécialistes et couvre la profonde signification évolutive des découvertes faites ici sans perdre les visiteurs non scientifiques dans le jargon.

Le circuit en voiture

Le circuit habituel commence à Sainte-Flavie, là où la route 132 rejoint la base de la péninsule :

Route de la rive nord (direction est) : Métis-sur-Mer (Jardins de Métis, l’un des plus beaux jardins publics du Canada), Sainte-Anne-des-Monts (porte d’entrée du parc national de la Gaspésie), Mont-Saint-Pierre (capitale québécoise du parapente), Grande-Vallée.

À travers les monts Chic-Chocs : Une journée dans le parc national de la Gaspésie nécessite une bifurcation vers le sud depuis la route côtière. L’entrée du parc à Sainte-Anne-des-Monts permet un excellent circuit intérieur de 60 à 80 km.

La pointe de la péninsule : Percé (prévoyez un minimum de deux nuits pour le rocher et l’île Bonaventure), puis le parc national Forillon.

Retour par la rive sud : Gaspé (la ville elle-même, quelque peu banale après les paysages), Chandler, New Richmond, Carleton-sur-Mer (charmante ville avec une plage et de bonnes options d’hébergement), puis Matapédia où la rivière Restigouche marque la frontière avec le Nouveau-Brunswick.

Quand visiter la Gaspésie

Juillet et août représentent la haute saison. Tous les équipements sont ouverts, les bateaux d’observation des baleines sont en service et les températures sont assez douces pour la baignade en mer sur la rive sud (18 à 22 °C dans la baie). Les hébergements se remplissent à Percé — les réservations sont indispensables.

De fin septembre à mi-octobre, c’est la période la plus spectaculaire sur le plan visuel. Les hautes terres des monts Chic-Chocs se parent de rouges et de dorés éclatants, et les érables et bouleaux côtiers prennent le relais. Les températures sont fraîches (10 à 18 °C), l’affluence est faible et les hébergements sont faciles à trouver. La saison d’observation des baleines se termine début octobre.

Juin est agréable mais frais, et certains équipements ne fonctionnent pas encore à plein régime. La lumière a une clarté particulière et les fleurs sauvages printanières sont exceptionnelles.

Où séjourner

Percé : Le principal choix pour établir sa base lors de la portion pointe de la péninsule. L’Hôtel Le Mirage et La Normandie sont les établissements reconnus avec vue directe sur le rocher. Plusieurs gîtes et auberges plus petits sont actifs dans le village.

Sainte-Anne-des-Monts : Pour une base proche du parc national de la Gaspésie. L’Auberge Festive Sea Shack s’est forgé une solide réputation en combinant hébergement et guide de plein air.

Carleton-sur-Mer (rive sud) : Une base sous-estimée avec une belle plage, un choix d’hôtels convenable et une atmosphère détendue qui contraste avec le rythme légèrement frénétique des étés à Percé.

Comment se rendre en Gaspésie

En voiture depuis Québec : L’approche la plus pratique. Autoroute 20 vers l’est jusqu’à Rivière-du-Loup, puis route 132 le long de la rive sud ou nord jusqu’à la péninsule. De Québec à Percé, comptez environ 6 h 30 à 7 heures.

En train : Via Rail exploite un service Montréal–Gaspé (le Chaleur), deux fois par semaine via la vallée de la Matapédia et le long de la rive sud de la péninsule jusqu’à Gaspé. Le voyage est long (18 heures et plus depuis Montréal), mais traverse des paysages remarquables et constitue en soi une expérience mémorable.

En autobus : Orléans Express assure un service d’autobus entre Québec et plusieurs villes gaspésiennes, bien que les correspondances à l’intérieur de la péninsule soient limitées.

Questions fréquentes sur la Gaspésie

Faut-il absolument une voiture en Gaspésie ? Pour l’expérience du voyage en voiture, oui. La péninsule est grande, les attraits sont répartis sur 800 km de littoral et dans les terres, et les transports en commun sont minimes. Une voiture est pratiquement indispensable.

Combien de temps dure le circuit de la péninsule ? Un minimum de 5 jours est nécessaire pour parcourir le circuit et visiter les principaux attraits. Sept jours est plus confortable. Dix jours permet une exploration approfondie du parc national de la Gaspésie, de Forillon et de la rive sud.

Peut-on voir des orignaux en Gaspésie ? La Gaspésie affiche l’une des plus fortes densités d’orignaux au Québec. Les routes intérieures et les zones de parcs sont excellentes pour l’observation des orignaux, particulièrement à l’aube et au crépuscule. Soyez prudent au volant — les collisions entre orignaux et véhicules constituent un risque réel sur les routes rurales la nuit.

Le rocher Percé est-il accessible toute l’année ? Le tombolo menant au rocher Percé est accessible à marée basse toute l’année (selon la marée). Cependant, les excursions en bateau vers l’île Bonaventure ne fonctionnent que d’avril à octobre.

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