Quick facts
- Population
- 2 M ville / 4,2 M région métropolitaine
- Meilleure période
- Mai à octobre
- Langues
- Français (principale), anglais
- Jours recommandés
- 3 à 5 jours
Montréal est la ville la plus européenne du Canada, et elle mérite ce titre bien plus sincèrement que la plupart des villes qui s’en réclament. La langue française, l’héritage catholique inscrit dans les églises qui ancrent chaque quartier, la culture des terrasses de café, les soupers qui se prolongent tard le soir, la passion pour la bouffe qui traverse chaque interaction sociale — tout cela n’est ni une affectation ni une construction touristique, mais la réalité vécue d’une ville de deux millions d’habitants qui est francophone depuis 1642.
Mais Montréal est aussi profondément canadienne, nord-américaine, et entièrement elle-même. La guerre des bagels (St-Viateur contre Fairmount, un débat qui occupe les Montréalais depuis des décennies), l’invention de la poutine et son élévation ultérieure au rang de la haute gastronomie, la culture festivalière estivale qui transforme la ville en un immense événement en plein air, la ville souterraine qui permet aux Montréalais de traverser leurs hivers dans le confort de corridors chauffés — rien de tout cela ne se retrouve ailleurs sur la planète.
Pour les voyageurs qui arrivent de Québec, de Toronto ou d’Ottawa, Montréal semble à la fois familière et étrangère. Pour les visiteurs internationaux, elle offre une expérience nord-américaine vraiment distinctive qui récompense des jours de flânerie.
Pourquoi Montréal captive les voyageurs
La ville est bâtie sur une île dans le fleuve Saint-Laurent, avec la colline volcanique boisée du mont Royal en son centre. Cette géographie insulaire crée un noyau urbain compact et agréable à parcourir à pied — même la vaste région métropolitaine semble gérable, car les quartiers centraux sont rapprochés les uns des autres. Le métro est propre, sécuritaire et efficace. Les infrastructures cyclables sont excellentes, avec un vaste réseau de vélos en libre-service BIXI qui dessert la plupart des secteurs centraux.
L’énergie culturelle naît de la collision entre le Canada français et le Canada anglais (auxquels s’ajoutent des vagues d’immigration en provenance d’Italie, du Portugal, d’Haïti et, plus récemment, d’Afrique du Nord et de l’Ouest), ainsi que d’une population étudiante qui représente une part disproportionnée des résidents de la ville. Montréal compte quatre grandes universités ; cette population étudiante maintient la ville jeune, intellectuellement vivante et plus abordable que Toronto ou Vancouver.
Il y a aussi quelque chose dans le rapport au plaisir qui distingue Montréal. Manger, boire, danser et socialiser sont pris au sérieux d’une façon qui tient davantage du tempérament français que de l’esprit nord-américain. Des réservations au restaurant sont prises pour 21 h un mardi, et les tables sont pleines. Les bars ferment à 3 h du matin. Le brunch du week-end implique des files d’attente de deux heures aux meilleurs endroits. Le rapport de la ville à sa propre joie de vivre est l’une de ses qualités les plus séduisantes.
Vieux-Montréal
La partie la plus ancienne de la ville occupe les bords du fleuve au sud du centre-ville ; ses rues pavées et ses bâtiments de pierre des XVIIe et XVIIIe siècles forment le district historique le plus intact d’Amérique du Nord après Québec. Pénétrer dans le Vieux-Montréal depuis le centre-ville moderne, c’est franchir une porte temporelle.
Place Jacques-Cartier
La place centrale en pente du Vieux-Montréal descend de la rue Notre-Dame jusqu’au fleuve, bordée de terrasses de restaurants, d’artistes de rue, d’étals de fleurs et de touristes. Elle est animée au point d’être débordante au cœur de l’été — visitez-la le matin ou en soirée pour une atmosphère plus authentique. La colonne Nelson au sommet de la place rend hommage à l’amiral Nelson ; la controverse entourant son érection si peu après la bataille de Trafalgar ne s’est jamais tout à fait apaisée.
Basilique Notre-Dame
L’intérieur de style néogothique de la basilique Notre-Dame est l’un des espaces sacrés les plus spectaculaires d’Amérique du Nord. Achevée en 1829, la basilique peut accueillir 3 000 personnes et renferme un extraordinaire intérieur bleu et or conçu par Victor Bourgeau — chaque surface sculptée, dorée ou peinte, avec un plafond voûté couleur de ciel de minuit semé d’étoiles d’or. L’orgue Casavant aux 7 000 tuyaux est toujours utilisé en concert. Céline Dion y a épousé René Angélil ; l’espace possède une grandeur théâtrale à la hauteur de l’événement.
L’accès est payant ; réservez à l’avance en haute saison. L’expérience Aura, une installation son et lumière en soirée qui illumine l’intérieur de façon saisissante, est présentée certains soirs et vaut vraiment le détour.
Le Vieux-Port
Le Vieux-Port longe le fleuve Saint-Laurent au pied du Vieux-Montréal. En été, il se remplit de cyclistes, de patineurs à roues alignées, de familles et de touristes qui visitent le Centre des sciences de Montréal, font du pédalo sur le fleuve, ou s’installent simplement sur les quais pour regarder le Saint-Laurent — qui n’est plus vraiment une rivière à cette échelle ; c’est une vaste mer d’eau douce soumise aux marées, large de près de deux kilomètres, où des cargos de haute mer remontent vers les Grands Lacs.
En hiver, le Vieux-Port accueille un parc d’amusement hivernal et l’une des meilleures patinoires extérieures de la ville, l’Atrium Le 1000 (couverte et chauffée, au 45e étage d’une tour du centre-ville).
Réservez des visites guidées et des expériences dans le Vieux-Montréal Réservez la visite en bus à impériale hop-on hop-off de MontréalLe mont Royal et le Plateau
La colline boisée qui s’élève à 233 mètres au cœur de la ville a été aménagée en parc public par Frederick Law Olmsted — le même architecte paysagiste à qui l’on doit Central Park à New York — dans les années 1870. La montagne est à la fois un espace naturel qui donne l’impression de la forêt sauvage, une destination de ski de fond en hiver, un lieu de rassemblement pour le tam-tam du dimanche en été, et le site des deux cimetières (catholique et protestant) qui témoignent de l’histoire religieuse de Montréal.
La vue depuis le belvédère Kondiaronk — la grande terrasse en contrebas du chalet du Mont-Royal — est le plus beau panorama gratuit de Montréal : toute la skyline du centre-ville, le Saint-Laurent en arrière-plan, et par temps clair, les montagnes du Vermont et de l’État de New York au loin. Montez à pied ou en autobus no 11. Le chalet du Mont-Royal lui-même est un beau bâtiment patrimonial qui mérite une visite à l’intérieur.
Au pied de la montagne vers l’est, le Plateau Mont-Royal est le cœur de la bohème montréalaise. L’avenue du Mont-Royal et la rue Saint-Denis sont les artères commerciales principales, bordées de librairies indépendantes, de friperies, de restaurants de quartier et du genre de cafés où s’installer avec un journal constitue une occupation valable pour toute la matinée. Le Plateau, c’est là où l’on sent la ville le plus authentiquement — il est essentiellement résidentiel, essentiellement francophone, et presque entièrement exempt de l’uniformité corporative qui affecte tant de rues commerciales urbaines.
Le marché Jean-Talon et la Petite Italie
Le marché Jean-Talon, dans le quartier Mile-Ex, est le plus grand marché en plein air d’Amérique du Nord et possiblement le meilleur marché alimentaire au Canada. La halle couverte est entourée d’étals extérieurs proposant des produits du Québec, et l’énergie en haute saison — à la fin de l’été, quand arrivent les tomates, le maïs et les fruits à noyau — est extraordinaire. Les producteurs locaux vendent en direct aux côtés de marchands spécialisés offrant fromages québécois, produits de l’érable, charcuteries artisanales et mets préparés.
Le marché est au cœur du quartier de la Petite Italie, qui s’est développé autour des vagues d’immigration italienne au début du XXe siècle. Le boulevard Saint-Laurent (le Main) passe tout près et fait office de frontière traditionnelle entre le Montréal anglophone et le Montréal francophone depuis le XIXe siècle. Les blocs autour du marché Jean-Talon abritent également une grappe de torréfacteurs et d’épiceries fines de qualité qui ont fait de ce coin de la ville un lieu de pèlerinage pour les visiteurs fous de gastronomie.
La scène poutine à Montréal
La poutine — frites, fromage en grains et sauce — est née dans les régions rurales du Québec dans les années 1950 et a été pendant des décennies reléguée au rang de nourriture populaire sans prétention. Montréal l’a réhabilitée. La scène poutine de la ville s’étend aujourd’hui des casse-croûte du soir qui servent la version classique aux restaurants de dégustation qui la déconstruisent en quelque chose à peine reconnaissable. Pour la version définitive, le débat est toujours ouvert, mais les principaux prétendants sont :
La Banquise (rue Rachel, Plateau) : Ouvert 24 heures sur 24, servant 30 variétés, avec des files d’attente interminables les soirs de week-end. La poutine classique y est excellente ; la Galvanique (avec saucisse italienne, poivrons verts et champignons) est la spécialité maison. Poutineville (plusieurs adresses) : Format choisissez-votre-aventure avec des dizaines de combinaisons de garnitures. La Belle Province : La chaîne de restauration rapide québécoise classique qui propose la version ouvrière authentique. Au Pied de Cochon : Le restaurant légendaire du chef Martin Picard sert une poutine au foie gras qui constitue soit une abomination, soit le summum de l’art, selon qui vous demandez.
Les festivals de Montréal
Aucune ville au Canada — et sans doute en Amérique du Nord — ne possède une culture festivalière aussi riche que Montréal. Les mois d’été constituent essentiellement une procession continue d’événements en plein air et en salle :
Festival de jazz (fin juin–début juillet) : Le Festival International de Jazz de Montréal est le plus grand festival de jazz au monde en termes d’achalandage, attirant plus de deux millions de visiteurs à plus de 650 concerts dans de multiples salles intérieures et extérieures. Une part significative de la programmation extérieure est gratuite.
Juste pour rire (juillet) : Le plus grand festival de comédie au monde, fondé à Montréal en 1983, remplit les salles de la ville de comédiens internationaux tandis que des galas gratuits s’emparent des scènes extérieures du Quartier des spectacles.
Osheaga (août) : L’un des principaux festivals de musique au Canada, tenu au parc Jean-Drapeau sur l’île Notre-Dame, accueillant de grandes têtes d’affiche internationales sur les îles du Saint-Laurent.
Igloofest (janvier–février) : Un festival de musique électronique en plein air tenu dans le Vieux-Port durant les semaines les plus froides de l’hiver, qui devient contre toute attente l’un des événements les plus aimés de l’année. Danser par -20 °C réchauffe bien plus qu’on ne le croirait.
Nuit Blanche (mars) : Un événement culturel nocturne avec une programmation gratuite dans toute la ville de la tombée du jour à l’aube.
La ville souterraine
La ville souterraine de Montréal (le RÉSO) relie 32 kilomètres de tunnels piétonniers à 41 stations de métro, 10 grands hôtels, 1 700 commerces, sept grands complexes commerciaux et plusieurs tours à bureaux. Développée à l’origine pour permettre aux Montréalais de survivre à l’hiver sans s’exposer à l’extérieur, elle est devenue une ville parallèle pleinement fonctionnelle. En décembre et en février, on peut arriver à l’aéroport de Montréal, prendre le métro, s’enregistrer à l’hôtel, prendre ses trois repas, assister à un concert et faire ses courses — entièrement sans sortir dehors. C’est présenté comme un motif de fierté civique plutôt que comme une concession au climat.
Le Quartier des spectacles et le centre-ville
Le Quartier des spectacles — le district des arts et du divertissement immédiatement au nord du centre-ville — a été officiellement désigné en 2007 et a transformé un secteur jadis difficile en un pôle culturel soigné. La Place des Arts, le principal complexe de spectacles, ancre le quartier aux côtés du Monument-National, du Musée d’art contemporain et de nombreuses salles de spectacle intérieures et extérieures. Les points rouges qui constituent l’identité visuelle du quartier apparaissent partout sur les lampadaires et les façades des bâtiments.
Le Musée des beaux-arts de Montréal, sur la rue Sherbrooke Ouest, est l’un des meilleurs musées d’art au Canada, avec une collection encyclopédique allant des antiquités égyptiennes à l’art contemporain québécois. Entrée gratuite le mercredi soir.
Où séjourner à Montréal
Vieux-Montréal : La meilleure base pour les primo-visiteurs. Des hôtels à distance de marche des principales attractions et du Vieux-Port. L’Auberge du Vieux-Port est un magnifique entrepôt converti avec vue sur le fleuve ; l’Hôtel William Gray est élégant et moderne avec une terrasse sur le toit ; l’Hôtel Gault occupe un superbe espace loft dans un ancien entrepôt de marchandises sèches de 1871.
Centre-ville : Plus orienté affaires, mais pratique pour le Quartier des spectacles et l’accès au mont Royal. Le Ritz-Carlton Montréal est l’un des grands hôtels du Canada (ouvert en 1912). Le Fairmont Le Reine Elizabeth est un monument en soi — John Lennon y a enregistré « Give Peace a Chance » dans la suite 1742 lors de son bed-in de 1969.
Le Plateau : Pour les voyageurs qui souhaitent séjourner dans un quartier résidentiel et vivre comme un local. Airbnb et petits B&B de charme dominent ; les hôtels y sont rares. Le quartier est agréable à parcourir à pied et bien desservi par le métro à la station Mont-Royal.
Réservez une excursion d’une journée de Montréal à Québec avec croisière sur le Saint-LaurentExcursions depuis Montréal
Québec est à 250 km à l’est par l’autoroute 20 ou 40 — environ 2 h 30 en voiture ou 3 heures en train VIA Rail. C’est une excellente excursion à la journée, même si une nuit sur place est beaucoup mieux. Les Laurentides au nord, avec Mont-Tremblant comme destination principale, offrent le ski en hiver ainsi que la randonnée et le vélo en été, à environ 90 minutes de la ville.
Questions fréquentes sur Montréal
Faut-il parler français pour visiter Montréal ?
L’anglais est largement parlé dans tout le secteur touristique montréalais — les hôtels, les restaurants, les grandes attractions et les zones touristiques sont pleinement bilingues. Dans les quartiers résidentiels et les petits restaurants locaux, le français est davantage prédominant, mais les Montréalais font généralement preuve de patience envers les non-francophones. Quelques mots de français (bonjour, merci, s’il vous plaît) sont toujours appréciés et ouvrent bien des portes.
Quelle est la meilleure période pour visiter Montréal ?
De juin à septembre, c’est la haute saison — températures agréables, culture festivalière, terrasses ouvertes et énergie maximale dans la ville. Juillet est le cœur de l’été, mais aussi le mois le plus achalandé et le plus cher. Mai et octobre sont d’excellents choix de mi-saison avec moins de monde et des prix plus bas. Les visiteurs hivernaux qui planifient leur séjour autour d’un festival (Igloofest, Montréal en Lumière) peuvent vivre une expérience vraiment magique.
Combien de jours faut-il prévoir à Montréal ?
Trois jours suffisent pour couvrir l’essentiel confortablement : le Vieux-Montréal, le mont Royal, le marché Jean-Talon, une ou deux visites de musées, et suffisamment de repas pour commencer à comprendre la scène gastronomique. Cinq jours permettent une exploration plus complète des quartiers et des excursions d’une journée. Les voyageurs passionnés de gastronomie et de culture pourraient passer une semaine et à peine effleurer la surface.
Quel est le meilleur quartier pour séjourner ?
Le Vieux-Montréal est le plus atmosphérique pour les primo-visiteurs. Le Plateau est le meilleur quartier pour vivre la ville comme un local. Le centre-ville est le plus pratique pour les visiteurs en congrès ou en déplacement d’affaires. Les trois sont bien reliés entre eux par le métro, le BIXI ou une vingtaine de minutes à pied.
Montréal est-elle une destination coûteuse ?
Par rapport aux standards nord-américains, Montréal figure parmi les grandes villes les plus abordables. Les repas au restaurant sont proposés à des prix raisonnables, le métro est peu cher et l’hébergement tend à coûter moins cher que dans des établissements comparables à Toronto ou Vancouver. Un voyageur avec un budget moyen peut vivre une expérience montréalaise complète sans se ruiner.
En quelle langue parle-t-on à Montréal ?
Montréal est une ville bilingue où le français est la langue officielle principale et l’anglais une seconde langue bien présente. Le français est la langue du gouvernement provincial, de la plupart des enseignes et des services publics, ainsi que de la vie quotidienne dans de nombreux quartiers. L’anglais est dominant dans certains secteurs historiquement anglophones (Westmount, l’Ouest-de-l’Île, NDG). La tension entre les deux langues est réelle, historiquement significative et intéressante à observer.
Comment se rendre de Montréal à Québec ?
Les trains VIA Rail circulent plusieurs fois par jour entre la gare Centrale de Montréal et Québec, pour un trajet d’environ 3 heures. La conduite par l’autoroute 20 (rive sud) ou 40 (rive nord) prend environ 2 h 30. Des services d’autocar sont également disponibles, mais plus lents. Consultez notre guide pour en savoir plus sur la visite de Québec.