Mile End est le kilomètre carré le plus créatif de Montréal : guerre des bagels, labels indés, épiceries hassidim et cafés qui ont lancé mille groupes.

Mile End Montréal : Bagels, Art et Quartier Créatif

Mile End est le kilomètre carré le plus créatif de Montréal : guerre des bagels, labels indés, épiceries hassidim et cafés qui ont lancé mille groupes.

Quick facts

Quartier
Mile End, arrondissement Plateau-Mont-Royal
Meilleure période
Toute l'année ; l'été pour les terrasses et la vie en plein air
Comment s'y rendre
Ligne orange : station Laurier (5 min à pied) ou station Rosemont
Durée suggérée
Demi-journée à journée complète

Mile End est un petit quartier à la réputation démesurée — l’un de ces endroits où la densité de choses intéressantes à manger, à regarder et à penser par mètre carré est vraiment exceptionnelle. Délimité grossièrement par l’avenue du Mont-Royal au sud, l’avenue Van Horne au nord, la rue Saint-Denis à l’est et l’avenue du Parc à l’ouest, il couvre à peine deux kilomètres carrés. Dans cet espace, deux des boulangeries de bagels les plus célèbres d’Amérique du Nord s’affrontent dans un débat culturel sans fin, une communauté juive hassidim vaque à ses occupations aux côtés de clubs sociaux portugais, de labels de musique indépendants, de studios d’animation et de cafés qui ont été le point de départ de plus de groupes canadiens que quiconque n’a jamais comptés.

Le caractère du Mile End est le fruit de son histoire d’immigration. Le quartier s’est développé au début du XXe siècle comme destination des vagues d’immigrants juifs d’Europe de l’Est — la communauté qui a établi les boulangeries de bagels, les delis de viande fumée et l’infrastructure sociale qui subsiste en partie encore aujourd’hui. Une vague ultérieure d’immigration grecque et portugaise a ajouté d’autres couches. La classe créative arrivée à partir des années 1990 a trouvé un quartier aux loyers abordables et à la densité culturelle existante, et le résultat — aujourd’hui considérablement plus cher qu’avant — est un arrondissement qui a réussi à conserver davantage de son caractère stratifié que la plupart des quartiers équivalents dans des villes nord-américaines comparables.

Le débat des bagels

Aucune question culturelle à Montréal n’est plus passionnément contestée que les mérites relatifs des deux grandes boulangeries de bagels du Mile End. Le débat dure depuis au moins les années 1950 et ne montre aucun signe de résolution.

St-Viateur Bagel sur l’avenue Saint-Viateur est en activité depuis 1957. Le four à bois en briques au fond de la boulangerie fonctionne 24 heures sur 24. Les bagels — roulés à la main, pochés dans l’eau au miel, cuits jusqu’à être dorés — sortent en flux continu et sont vendus au sac. La boutique n’a pas de sièges ; vous achetez un sac et repartez. L’intérieur, avec ses comptoirs farinés et l’action visible des boulangers au four, est l’un des environnements de production alimentaire les plus authentiques que vous rencontrerez dans n’importe quelle ville.

Fairmount Bagel sur l’avenue Fairmount est en activité depuis 1919 et revendique (avec raison) d’être la plus ancienne boulangerie de bagels d’Amérique du Nord. L’opération est similaire — feu de bois, roulés à la main, eau au miel — mais les inconditionnels de chaque boulangerie affirment que les différences sont significatives. Les bagels de Fairmount sont légèrement plus grands et marginalement plus croustillants ; ceux de St-Viateur sont plus denses et peut-être légèrement plus sucrés. La différence réelle entre un excellent bagel St-Viateur et un excellent bagel Fairmount est suffisamment petite pour que le débat soit surtout une question d’identité et de loyauté.

La bonne approche pour un visiteur est d’essayer les deux, de se forger une opinion, et de comprendre que cette opinion est erronée aux yeux d’au moins la moitié de la population montréalaise.

Café Olimpico et la tradition de l’espresso

Le Café Olimpico sur la rue Saint-Viateur n’est pas un café de spécialité au sens actuel du terme — c’est un bar à espresso italien à l’ancienne en activité depuis 1970, qui attire un éventail extraordinaire de la vie montréalaise à son comptoir. Étudiants de McGill et Concordia, vieux messieurs italiens jouant aux cartes, parents avec poussettes, musiciens en route vers ou depuis une session — tout le monde passe par l’Olimpico à un moment ou à un autre.

L’espresso est excellent à la manière traditionnelle : un shot court, sombre et intense qui fait ce que l’espresso est censé faire. La file le week-end matin s’étend jusqu’à la porte ; le roulement est assez rapide pour que l’attente dépasse rarement dix minutes. C’est l’un de ces cafés qui vous fait comprendre pourquoi les Montréalais considèrent leur culture du café comme quelque chose qui vaut vraiment la peine d’être défendu.

La couche créative

Les labels de disques et studios de musique qui ont forgé la réputation du Mile End — Constellation Records (Godspeed You! Black Emperor, A Silver Mt. Zion, et une grande partie du monde post-rock), Dare To Care, Secret City — opèrent discrètement dans des espaces commerciaux du quartier. Vous ne les rencontrerez pas à moins de savoir où chercher, mais leur présence façonne l’atmosphère culturelle du quartier d’une manière difficile à articuler mais indéniablement ressentie.

La communauté des arts visuels opère à travers un réseau dense de studios, galeries et espaces gérés par des artistes. La rue Clark, qui court au nord de Saint-Viateur, abrite plusieurs galeries notables. Parisian Laundry (un grand espace de galerie dans une ancienne installation de nettoyage à sec quelques pâtés de maisons au sud dans Griffintown) est le principal lieu d’art contemporain de la région.

La librairie Drawn and Quarterly sur l’avenue du Parc est le point de vente au détail de l’éditeur canadien de romans graphiques — l’un des éditeurs les plus importants de fiction illustrée au monde. La boutique accueille des lectures, des lancements et des événements et propose une excellente sélection de bandes dessinées, romans graphiques et fiction littéraire. Cela vaut la visite même si vous n’achetez rien.

Le patrimoine juif

Les traces de l’héritage d’immigration juive du Mile End sont moins visibles qu’autrefois, mais loin d’avoir disparu. La communauté hassidim — principalement Satmar et autres groupes ultra-orthodoxes — continue de vivre dans les blocs nord du quartier, et les vendredis après-midi, le rythme du quartier change sensiblement à mesure que les préparatifs du Shabbat s’accélèrent. Les institutions hassidim (synagogues, écoles, centres communautaires) opèrent sur la rue Hutchison et dans les blocs alentour.

L’héritage culturel juif séculier subsiste dans les boulangeries de bagels (évidemment), dans la tradition de viande fumée et de deli qui traverse le quartier Plateau au sens large, et dans la mémoire culturelle de ce qu’était le Mile End avant de devenir ce qu’il est aujourd’hui.

Wilensky’s Light Lunch

Wilensky’s sur l’avenue Fairmount est en activité depuis 1932 et n’a, en aucun sens significatif, changé. Le menu consiste en une seule chose : le Special, qui est un sandwich grillé au salami et à la bologne sur un petit pain dur, pressé à plat, avec de la moutarde. Aucune exception n’est faite. Le prix est bas. Les tabourets au comptoir accueillent peut-être une douzaine de personnes. Le Coca vient d’un fontaine.

Wilensky’s apparaît dans les romans montréalais de Mordecai Richler et est une destination de pèlerinage littéraire depuis sa mort en 2001. Le sandwich est bon. L’expérience de le manger au comptoir, dans un espace qui a le même aspect depuis la Seconde Guerre mondiale, est l’essentiel.

Où manger dans le Mile End

St-Viateur Bagel : Achetez un sac de bagels au sésame ou au pavot. Mangez-les dès qu’ils sortent du four. Ce n’est pas une option brunch ; c’est une expérience transcendante.

Fairmount Bagel : Le pèlerinage alternatif. Ouvert 24 heures.

Café Olimpico : L’arrêt espresso essentiel. Sans fioritures, sans cérémonie, juste un excellent café.

Elena : Le restaurant contemporain le plus célèbre du quartier — cuisine italienne au feu de bois avec une carte de vins naturels et une salle qui se remplit immédiatement après l’ouverture des réservations. Réservez bien à l’avance.

Dépanneur Le Pick Up : Une épicerie de quartier devenue restaurant adoré. Sandwichs, poutine, brunch le week-end.

Lele da Cuca : Street food brésilienne en activité depuis assez longtemps pour être devenue une institution du quartier.

L’Gros Luxe : Comfort food avec une touche créative — portions massives, grandes tables, bons cocktails et une atmosphère générale d’excès exubérant.

Informations pratiques

Comment s’y rendre : La station de métro Laurier sur la ligne orange vous dépose à l’avenue Laurier et Saint-Denis, à 10 minutes à pied du cœur du Mile End. Le réseau de vélos en libre-service Bixi connecte bien le quartier depuis le centre-ville et le Plateau.

Se déplacer : Le Mile End est compact et entièrement praticable à pied. Les rues clés sont Saint-Viateur (courant est-ouest) et l’avenue Fairmount (parallèle un pâté de maisons plus au nord). L’avenue du Parc longe le bord ouest. Saint-Denis borde l’est.

Quand visiter : Les boulangeries de bagels fonctionnent 24 heures sur 24, tous les jours de l’année. Le quartier a un bon caractère toute l’année, mais l’été et l’automne sont les plus agréables pour se promener dans les rues.

Quoi apporter : De l’appétit. Du liquide pour certains établissements plus anciens (Wilensky’s, par exemple, entretient une relation particulière avec la technologie de paiement moderne). Des chaussures confortables.

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