Quick facts
- Située dans
- Rive nord du fleuve Saint-Laurent, Québec
- Meilleure période
- Juin–septembre
- Comment s'y rendre
- Vol vers Sept-Îles ou Baie-Comeau; route 138 depuis Québec
- Jours nécessaires
- 5-10 jours
La route 138, sur la rive nord du fleuve Saint-Laurent, part de Québec vers l’est en longeant le fleuve, traverse Charlevoix et Tadoussac, puis se poursuit jusqu’à Baie-Comeau, Sept-Îles et Havre-Saint-Pierre — bout du chemin, là où l’asphalte cède et où la Côte-Nord devient un véritable territoire sauvage. Cette immensité se prolonge encore sur 700 kilomètres jusqu’à Blanc-Sablon, à la frontière du Labrador, accessible uniquement par bateau et par avion léger; au-delà, le Labrador s’étend sur encore un millier de kilomètres jusqu’à Goose Bay. La Côte-Nord est, au sens le plus littéral, le bord du monde accessible.
Dans la partie accessible de la Côte-Nord — soit les quelque 600 km de route asphaltée de Tadoussac à Havre-Saint-Pierre — se concentrent des merveilles naturelles sans équivalent au Québec. Les baleines bleues (les plus grands animaux ayant jamais existé) se nourrissent dans le fleuve Saint-Laurent entre Tadoussac et Les Escoumins. La Réserve de parc national de l’Archipel-de-Mingan renferme la plus grande collection de monolithes calcaires sculptés naturellement au Canada, ainsi que l’un des sites de nidification d’oiseaux marins les plus productifs du golfe. L’île d’Anticosti, plus grande que l’Île-du-Prince-Édouard et accessible uniquement par avion ou par bateau, est un site du patrimoine mondial de l’UNESCO pour son archive géologique et une réserve de chasse au cerf de Virginie de réputation légendaire. Quant à la forêt boréale et à la toundra de l’intérieur, qui s’étendent vers le nord jusqu’au Labrador et à la baie James, elles constituent l’un des derniers véritables paysages sauvages de l’est de l’Amérique du Nord.
Le paysage de la Côte-Nord : ce qui le façonne
Le caractère de la Côte-Nord est déterminé par plusieurs réalités géographiques. Le Bouclier laurentien — le vieux socle précambrien qui sous-tend la majeure partie du Canada — descend jusqu’au fleuve Saint-Laurent ici, créant un littoral de caps rocheux, de forêt boréale et de rivières qui dégringolent directement du plateau du Bouclier vers la mer. Il n’y a ni basses terres agricoles ni douces transitions champêtres; la forêt rejoint le fleuve directement, et la roche à nu est ancienne d’une façon qui se lit dans le paysage.
Le fleuve Saint-Laurent, à cette hauteur (à l’est de Tadoussac et dans tout le golfe), est une mer intérieure plutôt qu’un cours d’eau — eau salée, soumise aux marées océaniques et aux caprices du temps, accueillant les espèces marines typiques de l’Atlantique occidental. Les mêmes conditions océanographiques qui font de Tadoussac le premier site d’observation des baleines du Québec se retrouvent tout le long de la Côte-Nord : eaux froides et riches en nutriments remontant du rebord du plateau continental, soutenant une productivité extraordinaire jusqu’au détroit de Belle Isle.
Des icebergs dérivent vers le sud par le détroit de Belle Isle depuis l’Arctique en mai et en juin; on peut les apercevoir depuis les rivages de l’extrême est de la Côte-Nord et parfois jusqu’à Havre-Saint-Pierre. La saison des icebergs est brève et imprévisible, mais la vue d’une masse de glace bleue de 20 mètres dérivant devant le littoral boréal est l’une des rencontres les plus surréelles et spectaculaires que l’est du Canada puisse offrir.
Les destinations incontournables de la Côte-Nord
Tadoussac et Les Bergeronnes : La porte d’entrée ouest et la zone d’observation des baleines par excellence. Baleines bleues, rorquals communs, rorquals à bosse, petits rorquals et bélugas sont tous présents de fin juin à octobre. Le parc marin du Saguenay–Saint-Laurent protège le cœur de l’habitat des baleines.
Baie-Comeau : La plus grande ville de la rive nord accessible (environ 22 000 habitants), avec tous les services, un aéroport régional et une papeterie comptant parmi les plus grandes en Amérique du Nord. Baie-Comeau est avant tout une ville industrielle et de services; elle fait office de plaque tournante pour le circuit de la rive nord.
Sept-Îles : La deuxième grande ville sur la route (environ 27 000 habitants), avec un aéroport desservi par Air Canada et Air Creebec. Sept-Îles est nichée dans un havre naturel parmi les plus grands et les mieux abrités de la rive nord; elle sert de point de départ pour l’île d’Anticosti. La ville possède un véritable caractère nordique qui la distingue des localités du bas du fleuve.
Les Escoumins : Petite communauté à 50 km à l’est de Tadoussac, siège de la station de surveillance des mammifères marins du GREMM, côté sud du parc marin. Des excursions en bateau pour l’observation des baleines bleues partent des Escoumins; combinées à l’observatoire sous-marin de la station marine, elles offrent une excellente alternative au site de Tadoussac, plus achalandé.
Havre-Saint-Pierre : Terminus oriental de la route et porte d’entrée de la Réserve de parc national de l’Archipel-de-Mingan. Petite communauté animée à fort héritage acadien, excellents fruits de mer locaux (homard et crabe des neiges en particulier) et service de bateau vers l’archipel de Mingan.
L’observation des baleines sur la Côte-Nord
L’observation des baleines le long de la Côte-Nord est continue de Tadoussac vers l’est tout au long de l’été, avec plusieurs zones et approches distinctes.
Zone des baleines bleues (Tadoussac à Les Escoumins) : La plus forte concentration d’activité d’alimentation de baleines bleues dans l’Atlantique Nord occidental se trouve dans ce secteur. Les baleines bleues sont les plus grands animaux ayant jamais existé sur Terre — des adultes de 25 à 28 mètres ne sont pas rares. Observer une baleine bleue faire surface à courte distance depuis un bateau — l’immense dos qui émerge, la petite nageoire dorsale, puis la plongée en profondeur — est une confrontation physique avec l’échelle qu’aucune photographie ne peut rendre fidèlement.
Plus à l’est : Les petits rorquals sont présents sur toute la longueur de la rive nord accessible, se nourrissant dans les eaux côtières parfois visibles depuis les belvédères sur terre. Les rorquals à bosse, les rorquals communs et les marsouins communs sont aussi largement répartis dans l’estuaire et les eaux du golfe le long de la rive nord.
Observation depuis la rive : Le littoral rocheux et surélevé de la Côte-Nord offre en certains endroits d’excellentes positions d’observation des baleines depuis la terre. Les sites interprétatifs du parc près des Bergeronnes et les belvédères à Longue-Pointe-de-Mingan sont des postes d’observation terrestres très fréquentés.
Réservez des excursions sur le fleuve Saint-Laurent et la rive nord du Québec sur GetYourGuideLe voyage en voiture : la route 138 vers l’est
Rouler sur la route 138 de Tadoussac vers l’est est l’un des grands road trips du Canada et l’un des moins connus. La route longe la côte de près sur la plus grande partie de sa longueur, avec le fleuve Saint-Laurent (ou le golfe) visible pendant une bonne partie du trajet. Les communautés sont petites et éloignées les unes des autres, les services entre elles limités, et le sentiment de s’aventurer dans un territoire véritablement éloigné s’amplifie à chaque village traversé.
Tadoussac à Baie-Comeau : 170 km à travers forêt boréale et communautés côtières, incluant Les Escoumins, Forestville et le petit site historique baleinier de Longue-Pointe-de-Mingan (attention à la confusion de nom : ce n’est pas la même Pointe que l’Archipel-de-Mingan). Des traversiers sont nécessaires à la rivière Saguenay (Tadoussac à Baie-Sainte-Catherine) et à Baie-Comeau (aucun pont ne franchit la Manicouagan).
Baie-Comeau à Sept-Îles : 220 km à travers un paysage boréal de plus en plus sauvage. La route passe par Godbout, Baie-Trinité et Pointe-des-Monts — où le phare marque la transition historique entre le fleuve et le golfe.
Sept-Îles à Havre-Saint-Pierre : 200 km jusqu’au bout de la route, traversant les communautés de Rivière-au-Tonnerre et Longue-Pointe-de-Mingan avant d’arriver à Havre-Saint-Pierre, point de départ pour l’Archipel-de-Mingan.
Comment se rendre sur la Côte-Nord
En voiture : Route 138 depuis Québec jusqu’à Tadoussac via Charlevoix (3 heures), puis vers l’est jusqu’à Sept-Îles (6 heures depuis Tadoussac) et Havre-Saint-Pierre (2 heures de plus). Total depuis Québec jusqu’au bout de la route : environ 12 à 13 heures de conduite. Plusieurs nuits en route sont nécessaires pour un trajet confortable.
Par avion : Air Canada et les transporteurs régionaux desservent Sept-Îles depuis Montréal (1 h 30) et Québec (50 minutes). Baie-Comeau est également desservie par avion. Prendre l’avion jusqu’à Sept-Îles et louer une voiture est le moyen le plus rapide d’accéder à la rive nord orientale.
Par bateau côtier : Le traversier mixte cargo-passagers Nordik Express part de Rimouski le long de la rive nord jusqu’à Blanc-Sablon (frontière du Labrador), en faisant escale dans les communautés au-delà du bout de la route. C’est le seul lien pour les localités à l’est de Havre-Saint-Pierre. Le voyage en traversier est une expérience de voyage en soi — un périple de plusieurs jours le long de la côte sauvage — et des couchettes pour passagers sont disponibles.
Où séjourner sur la Côte-Nord
Baie-Comeau : Bonne sélection d’hôtels; l’Hôtel le Manoir est l’établissement le mieux connu.
Sept-Îles : Hôtels, motels et quelques options de chambres d’hôtes. L’Hôtel Sept-Îles est le principal hôtel d’affaires. Bons restaurants de fruits de mer en ville.
Havre-Saint-Pierre : Petite sélection de motels et de gîtes, tous simples. Le Motel du Havre est l’option la plus pratique. Réservez à l’avance — la communauté est petite et l’hébergement se remplit rapidement en haute saison.
Longue-Pointe-de-Mingan : Options d’hébergement à proximité du bureau du parc de l’Archipel-de-Mingan.
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- Archipel-de-Mingan — les îles aux monolithes en détail
- Île d’Anticosti — l’île géologique inscrite à l’UNESCO
- Guide d’observation des baleines au Québec — le guide complet des espèces de baleines
- Observer la baleine bleue au Québec — Tadoussac, Les Escoumins et la science
- Tadoussac — la capitale québécoise de l’observation des baleines
Questions fréquentes sur la Côte-Nord
À quel point la Côte-Nord est-elle vraiment éloignée? La section asphaltée (Tadoussac à Havre-Saint-Pierre) est accessible en voiture, mais elle exige un trajet considérable. À l’est de Havre-Saint-Pierre, il n’y a aucune route — la côte n’est desservie que par le traversier côtier et les avions légers. Les communautés au-delà du bout de la route ne sont reliées par aucune autoroute au reste du Québec.
Peut-on voir des baleines bleues sur la Côte-Nord? Oui, en particulier dans la zone Tadoussac–Les Escoumins. Les observations de baleines bleues ne sont pas garanties, mais la probabilité de fin juin à septembre est suffisamment élevée pour que la plupart des opérateurs proposent des politiques de remboursement ou de report pour les sorties sans observation. La Côte-Nord est le site d’observation des baleines bleues le plus fiable en Amérique du Nord accessible aux voyageurs ordinaires.
Est-il réalisable de parcourir toute la route de la Côte-Nord en une semaine? Une semaine permet de faire le trajet de Québec à Havre-Saint-Pierre avec des nuits à Baie-Comeau et Sept-Îles, plus du temps pour l’observation des baleines depuis Tadoussac ou Les Escoumins et une visite d’une journée à la Réserve de parc national de l’Archipel-de-Mingan. C’est un circuit serré, mais réalisable. Deux semaines sont plus confortables et permettent de visiter l’île d’Anticosti et les communautés au-delà du bout de la route.