VIA Rail en toute honnêteté : ce que Le Canadien réserve vraiment, les tarifs, les classes et quand le train surpasse l'avion au Canada.

VIA Rail : pourquoi le train est le meilleur transport

Quelque part au milieu du troisième jour à bord du Canadien — le train transcontinental de VIA Rail entre Toronto et Vancouver — les montagnes sont apparues. Nous traversions les prairies de l’Alberta depuis l’après-midi précédent : plates, dorées, un ciel immense, un élévateur à grain de temps en temps pour briser l’horizon. Puis le terrain a commencé à s’élever, timidement d’abord, et lorsque je me suis rendu au wagon-restaurant pour le petit-déjeuner le lendemain matin, les Rocheuses se dressaient pleinement devant les fenêtres, le train se faufilant dans des vallées fluviales au pied de sommets qui surgissaient directement du sol.

J’avais pris le train parce que cela semblait être la bonne façon de traverser le Canada — un pays bâti par les chemins de fer, dont les distances n’étaient compréhensibles pour ses colons qu’à partir du moment où le Canadien Pacifique a relié les côtes en 1885. Ce que je n’avais pas pleinement anticipé, c’est que le voyage lui-même serait l’expérience dont je me souviendrais le plus vivement de tout le séjour.

Ce qu’est vraiment VIA Rail

VIA Rail Canada est le service national de transport ferroviaire de passagers, exploitant des liaisons dans la majeure partie du pays. Ce n’est pas de la grande vitesse. Ce n’est pas particulièrement ponctuel selon les standards européens — Le Canadien circule sur des voies où les trains de marchandises ont la priorité, et des retards de plusieurs heures sont fréquents sur les longues liaisons. Ce n’est pas non plus bon marché. Et pour toutes ces raisons, c’est une expérience de voyage qui n’a pratiquement aucun équivalent au Canada et très peu d’équivalents dans le monde.

Le réseau couvre les principaux corridors de population (Toronto–Montréal–Ottawa, le corridor d’Halifax, Niagara et le sud-ouest de l’Ontario) où il fonctionne comme un transport régional pratique, et les longues liaisons transcontinentales où il joue un tout autre rôle — une façon de voir le Canada au niveau du sol, à un rythme qui permet au paysage d’accumuler du sens plutôt que d’être aperçu à 10 000 mètres d’altitude.

La liaison phare est Le Canadien : Toronto–Vancouver (ou l’inverse) en trois à quatre jours, 4 466 km, à travers le granite précambrien du Bouclier canadien, la forêt boréale du nord de l’Ontario, les provinces des Prairies et les Rocheuses de la Colombie-Britannique.

Les classes et l’hébergement

La classe économique est suffisamment confortable pour les liaisons courtes, mais éprouvante sur trois jours ou plus. Sièges inclinables, rangements en hauteur, accès au wagon-restaurant pour les achats de repas, et liberté de circuler dans le train. Pour les voyageurs à petit budget ou ceux qui dorment bien dans un siège, cela fonctionne ; pour la plupart des gens, trois jours assis est un vrai test d’endurance.

Sleeper Plus est la classe la plus populaire pour le voyage transcontinental. Les options comprennent :

  • Roomette : Une chambre privée pour un ou deux passagers avec lits rabattables, une grande baie vitrée et tous les repas inclus au wagon-restaurant. C’est la plus petite option privée, celle que choisissent la plupart des premiers voyageurs transcontinentaux.
  • Chambre : Chambre privée plus grande avec toilettes et douche séparées, lits rabattables, repas inclus.
  • Cabine pour deux : Un choix populaire pour les couples ou les amis, avec banquette de jour se transformant en couchettes, douche partagée dans le couloir, repas inclus.

La classe Prestige (disponible sur Le Canadien) est l’option premium : chambres plus grandes, service amélioré, accès dédié au wagon d’observation.

L’inclusion des repas en Sleeper Plus signifie que vous passerez trois matins, déjeuners et dîners au wagon-restaurant — tables partagées avec d’autres passagers, repas préparés à bord, et le paysage qui défile derrière les vitres. C’est là que se produit une grande partie de la magie sociale du train.

Le wagon-restaurant comme lieu de rencontre

Le wagon-restaurant du Canadien fonctionne avec des tables partagées : vous êtes placé à des tables de quatre indépendamment de votre groupe de voyage. C’est ce choix de conception qui distingue le wagon-restaurant du simple fait de manger dans votre roomette (ce qui est possible et parfois nécessaire en cas de retard important). Des inconnus partagent les tables et, dans le contexte de trois jours dans un train qui traverse un continent, les conversations ont tendance à aller quelque part.

J’étais assis en face d’une institutrice à la retraite du Saskatchewan lors du premier dîner, qui prenait le train chaque année depuis trente ans. Elle connaissait le nom de chaque rivière que le train traversait dans le Bouclier, qu’elle récitait avec l’autorité douce d’une personne partageant quelque chose de vraiment précieux. Le deuxième matin, un couple allemand à son quatrième séjour au Canada, comparant la traversée en train à un voyage en voiture fait lors d’un séjour précédent, concluait que le train avait largement gagné parce que « on peut vraiment s’asseoir et le regarder. »

La nourriture est bonne sans être remarquable — qualité de restauration d’hôtel canadien standard, bien préparée dans une cuisine en mouvement. L’enjeu n’est pas la nourriture. L’enjeu, c’est la salle, la compagnie et la fenêtre.

Le wagon d’observation et le paysage

Le Park Car — le wagon dôme-observation à l’arrière du Canadien — est accessible à tous les passagers Sleeper Plus et c’est là qu’on va pour voir les montagnes comme il se doit. Le verre bombé du dôme offre une vue à 360 degrés sur le ciel et une vue panoramique sur le paysage. Dans les Rocheuses, notamment dans le canyon du Fraser et dans les sections montagneuses à l’approche de Vancouver, cet espace devient l’un des plus visuellement saisissants que vous aurez jamais occupé.

La section du Bouclier canadien — le nord de l’Ontario à travers Sudbury jusqu’à Winnipeg — est souvent décrite comme la partie ennuyeuse du voyage par les voyageurs impatients d’atteindre les montagnes. Je l’ai trouvée fascinante d’une autre façon : les lacs de granit, la forêt boréale, l’ancienneté géologique de la roche, l’absence de tout établissement humain pendant des heures d’affilée. C’est la partie du Canada que la plupart des voyageurs sautent entièrement en survolant, et l’expérimenter au niveau du sol pendant une journée révèle quelque chose sur l’échelle et le caractère du pays que les photos de montagnes ne capturent pas.

Informations pratiques : réservation, timing et coût

Réservation : Les billets VIA Rail sont disponibles en ligne sur le site de VIA Rail. Réservez bien à l’avance pour les liaisons transcontinentales — les hébergements Sleeper Plus en particulier se vendent des mois à l’avance en été. Les tarifs Évasion (date flexible, achat anticipé) offrent les meilleurs prix mais partent vite.

Coût : Une réservation en Roomette Toronto–Vancouver coûte généralement entre 700 et 1 500 CAD par personne en Sleeper Plus, selon la date, le délai de réservation et le type de chambre. La classe économique coûte entre 200 et 500 CAD par personne. Le prix Sleeper Plus inclut trois jours de repas, ce qui réduit la différence de coût effective. Le Canrailpass offre de la flexibilité pour les voyages multi-trajets.

Durée et fiabilité : L’horaire officiel est d’environ 87 heures de Toronto à Vancouver. En pratique, Le Canadien accuse fréquemment deux à six heures de retard en raison de la priorité accordée aux marchandises. Les retards à l’arrivée importent rarement car la destination est rarement l’essentiel — et les arrivées à Vancouver en début de matinée (que l’horaire prévoit) sont souvent meilleures pour la logistique d’hébergement si vous arrivez à midi.

Meilleure direction : En direction ouest (Toronto vers Vancouver), vous vous dirigez vers les montagnes — vous construisez vers les Rocheuses, et la révélation des montagnes après trois jours de prairie a une logique narrative. En direction est, le trajet est tout aussi pittoresque mais la section des prairies vient en dernier. La plupart des premiers voyageurs choisissent l’ouest.

Explorez d’autres expériences et circuits au Canada qui complètent un voyage en VIA Rail — le train vous fait traverser le pays ; les activités et expériences à chaque étape rendent le voyage complet.

Quand le train est plus judicieux que l’avion

Le train l’emporte sur l’avion pour Le Canadien et les autres longues liaisons VIA lorsque : vous disposez de trois ou quatre jours et que le voyage lui-même fait partie de ce que vous voulez ; vous vous déplacez entre des villes sans contrainte de temps particulière à l’un ou l’autre bout ; vous voulez voir le pays au niveau du sol ; vous trouvez les aéroports et les vols stressants ; ou vous souhaitez spécifiquement une expérience sociale plutôt qu’un transit isolé.

Le train perd face à l’avion lorsque : le temps est la contrainte ; votre destination n’est pas sur le réseau VIA ; vous voyagez en classe économique pendant plusieurs jours (un test d’endurance) ; ou la différence de coût est rédhibitoire.

Pour le corridor Québec-Windsor (Toronto–Montréal–Ottawa), VIA Rail est véritablement compétitif avec l’avion lorsqu’on tient compte du temps passé à l’aéroport — les gares en centre-ville évitent 90 minutes de trajet vers l’aéroport, et l’enregistrement est simple.

Les autres grands itinéraires VIA

Si Le Canadien retient le plus l’attention, d’autres liaisons VIA offrent des expériences exceptionnelles :

L’Ocean : Montréal–Halifax (22 heures), traversant la région de la baie de Fundy au Nouveau-Brunswick et les forêts des Maritimes. Moins spectaculaire que la section des Rocheuses canadiennes, mais un excellent train de nuit dans un cadre vraiment beau.

Winnipeg–Churchill : Trois nuits dans chaque sens à travers la forêt boréale subarctique jusqu’à Churchill sur la baie d’Hudson. Le train est le seul accès terrestre à Churchill, et le voyage à travers un terrain de plus en plus sauvage est une expérience sans équivalent par la route.

Le corridor : Le service fréquent Toronto–Montréal–Ottawa est confortable, fiable selon les standards VIA, et une véritable alternative à la voiture ou à l’avion pour ces liaisons.

Le guide VIA Rail propose des informations plus détaillées sur les itinéraires, des conseils de réservation et des recommandations d’équipement pour les voyages en train de plusieurs jours.

Réflexions finales

Je suis arrivé à Vancouver le quatrième matin de ma traversée du Canada bronzé d’avoir passé du temps dans le wagon dôme, ayant mieux dormi dans un train en mouvement que je ne l’aurais cru, portant une liasse de serviettes en papier avec des numéros de téléphone notés lors de conversations au wagon-restaurant, et avec une compréhension physique de la géographie du Canada qu’aucun survol en avion ne m’avait donnée.

Le train est lent, parfois très en retard, et coûte plus cher que le vol équivalent. C’est aussi, pour certains voyages et certains voyageurs, la seule façon qui ait vraiment du sens — la façon qui laisse le pays être ce qu’il est plutôt que de le réduire à la somme de ses aéroports.

Foire aux questions sur VIA Rail : pourquoi le train est le meilleur transport

Combien de temps à l’avance faut-il réserver VIA Rail ?

Pour les liaisons transcontinentales (Le Canadien, L’Ocean) en été ou pendant les fêtes, quatre à six mois à l’avance n’est pas trop tôt pour le Sleeper Plus. La classe économique offre plus de disponibilité. Pour les liaisons du corridor (Toronto–Montréal–Ottawa), quelques semaines à l’avance suffisent généralement en dehors des périodes de fêtes.

Le train VIA Rail vaut-il le surcoût par rapport à l’avion ?

Pour le voyage transcontinental en particulier : le train coûte nettement plus cher qu’un vol low-cost, mais inclut les repas, un hébergement privatif et l’expérience de traverser le Canada au niveau du sol. Cela « vaut le coup » dépend de si vous valorisez le voyage lui-même. La plupart des gens qui le font considèrent le coût justifié. Pour les liaisons du corridor, le coût est compétitif une fois les transferts aéroport pris en compte.

Que faut-il emporter pour un voyage en train de plusieurs jours ?

Des vêtements en couches (la température dans le train varie), de quoi s’occuper pour les sections plus plates, un bon livre, un casque de qualité, des chaussures confortables qui s’enfilent et se retirent facilement. En Sleeper Plus, un petit sac de nuit avec articles de toilette pour un accès facile — vos bagages principaux sont rangés en bout de voiture. Appareil photo chargé à fond. Les vitres du dôme d’observation sont excellentes pour la photographie.

Y a-t-il des douches dans Le Canadien ?

Oui — les passagers Sleeper Plus ont accès à des installations de douche partagées dans les voitures-lits. Les chambres de type Bedroom et Prestige disposent de salles de bains privatives. Les passagers en Roomette et en Cabine utilisent les douches partagées, qui nécessitent une organisation pour éviter les files d’attente. Elles sont fonctionnelles et propres.